Situgen

La numérisation des sources et la mise à disposition de bases de données est encore à l'état de projet. Sa faisabilité dépend en grande partie du règlement intérieur propre à chaque service d'archives et de la confiance accordée par le service au professionnel.

 

Financements

Situgen agit un peu comme un laboratoire faisant un appel de financements. Il propose un travail détaillé de mise en valeur de sources bien précises. Il appelle au financement (idéalement participatif car ouvrant à un nombre plus grand de clients possibles et donc de projets réalisables) des projets qu’il propose au public.

Nous sommes ouverts aux propositions extérieures de projets, dès lors que ces propositions ne dérogent pas aux principes fondamentaux. Dans ce cadre, Situgen peut réaliser un travail de mise en valeur pour une collectivité, un service d’archives, dès lors que cette collectivité projette de rendre les résultats publics (à la limite simplement consultables, pas forcément en ligne). Cela signifie qu’on peut agir comme « service de numérisation » pour un projet privé… mais sans déroger à l’objectif d’universalité dans l’accès aux résultats. On peut imaginer la numérisation d’un fonds manuscrit privé, comme activité « de subsistance ».

Projets

Bases d'images, bases de données

Le projet phare pour le moment est la base électorale régionale, pour quelques raisons : c’est une source peu exploitée ; plus qu’une autre, elle est trans-disciplinaire ; par excellence, elle lie recherche sur les individus et intérêt pour les collectivités locales — par comparaison, une numérisation des registres des délibérations du conseil municipal serait intéressant d’un point de vue histoire locale, mais moins niveau individu : mais à l’avenir, ce type de projet pourra intéresser ceux qui ont trouvé un intérêt individuel dans le projet de base électorale. La politique reste un sujet intéressant pour beaucoup de français (flagrant aujourd’hui, où les votes locaux changent et se recaractérisent). Le caractère centralisé de cette source (normalement versée aux AD) et régulier (les procès verbaux sont uniformes, et peuvent être rentrés en série facilement dans une base de données) en font un matériau de choix.

D’autres projets à expérimenter, en marge des « nouvelles sources généalogiques » habituelles : les registres de recrutement militaire préliminaires (« listes de tirage au sort » ou « de recrutement cantonal ») qui contiennent parfois, selon les années et les bureaux des informations précises sur les aptitudes et les talents d’un individu lors de son examen de recrutement). Ces registres sont très peu connus, effacés derrière les « registres matricules », base détaillée de toute recherche sur le parcours militaire d’une personne, mais muet sur ces aspects civils que les militaires envisagaient parfois d’exploiter.

Les sources généalogiques classiques, purement filiatives, ne sont pas à l’ordre du jour. Elles sont souvent exploitées ailleurs, voire en cours de numérisation par les services d’archives eux-mêmes. Ce sont essentiellement les recensements, ou ce qui trait aux successions. Les associations ont fourni un travail considérable en la matière. Un projet de numérisation des archives notariales serait très certainement un gros succès, car ces archives sont très exploités par les acteurs historiques de la généalogie : les relevés, fastidieux, sont inutilisables car vendus à des prix prohibitifs par les associations, même après avoir été réalisés il y a vingt ans. A voir et à mesurer, en termes d’ampleur de tâche.

Quelques projets plus originaux :

                Les sources du monde du travail (Archives Nationales du Monde du Travail à Roubaix, et éventuellement centre historique de Lewaerde). La numérisation est inexistante dans le domaine, mais un sérieux problème de droit peut se poser. On peut penser aux registres de personnels, d’entrée et de sortie, des usines, des mines, qui ont pu être conservés et transférés à Roubaix ou à Lewaerde. Des index concernant les dossiers du personnel de certaines compagnies existent, mais sont quasiment muets sur les travailleurs journaliers, occasionnels, et de manière générale avant la première guerre mondiale (fonds des caisses de retraite des mineurs : ceci explique cela). Ces sources annexes pourraient compléter ces dossiers, et donner une véritable source de travail pour resituer la population ouvrière de la région, indiquée avec une précision relative par les recensements, lorsqu’ils indiquaient le lieu de travail et l’employeur selon les années.

                Les registres judiciaires. Il s’agit des tables d’index de jugements des tribunaux, et des registres d’écrou. Lorsqu’on ne connait pas l’existence d’un jugement ou sa date, ces sources sont incontournables, mais fastidieuses à exploiter. Il n’en existe aucun index, et aucune numérisation. Cela revient à se déplacer, commander des documents à l’aveugle et chercher page par page dans un service d’archives. Une réalisation utile.

                Les sources scolaires. Projet très fastidieux, car les sources sont dans un état d’éparpillement monstrueux, et quasiment ignorées de tous les chercheurs. Cependant, mes recherches personnelles m’ont permis de découvrir un fonds très vaste et probablement riche. Ce sont les procès verbaux d’examens. Qui a eu son certificat d’étude ? Qui avait quel diplôme ? Aujourd’hui, beaucoup ne le savent pas, et je ne connais pas d’autres sources qui nous le diraient, excepté lors du recrutement militaire, qui est parfois erroné (le recruteur peut douter de ce que lui dit le type d’en face) et qui ne concerne qu’une partie de la population : les hommes. Ici on a l’une des rares sources sur l’enfance et les femmes.

                Les décorations civiles et militaires au niveau départemental. Les dossiers des médailles de la famille, de la légion d’honneur, déportés prisonniers etc… Il existe une multitude de décorations selon les époques et les évènements, et ces dossiers passaient par la préfecture. Ces fonds sont bien rangés, pas forcément très gros, et ne demandent qu’à être exploités et mis en évidence, y compris avec une base de données facile à faire.

                Les sources hospitalières auraient pu être un projet formidable. Cependant, la loi sur la protection de la vie privée les rend impossible à exploiter pour la plupart des années. On peut chercher dans ces dossiers lorsqu’on connaît le décès de la personne (d’où une prescription depuis autant de temps après le décès), mais pratiquement pas si le décès est inconnu (où là la prescription est « dans le doute » bien plus longue avant d’être appliquée). Par définition, on ne peut donc les rendre publics, puisque cette exigence de connaissance du décès ne serait plus vérifiable avant communication par les services d’archives. Si elles étaient exploitables, ces sources seraient les registres d’entrée et de sortie des hôpitaux, ainsi que les registres de la loi, qui indexent au niveau préfectoral tous les placements en hôpital psychiatrique. Voir mon aperçu ici.

                Les sources pour l’histoire locale. Projet d’envergure impossible à réaliser seul (du moins sans aménagement de la part des services détenteurs des archives), il consisterait à numériser les dossiers des communes, et en particulier les délibérations du conseil municipal. Quand telle route a été cédée ? Pavée ? Changement de délimitations du territoire, construction des bâtiments publics (mairie, complexe de loisirs, etc…) rapports aux associations, etc. On est dans le domaine du cas par cas.

                Les matrices cadastrales. Elles contiennent les propriétaires, les modifications, et la nature de chaque parcelle cadastrale de propriété, bâtiment comme terrain. Dans certains départements, ça a été numérisé, mais la plupart du temps non. Je ne pense pas que ce soit en projet. Quoi qu’il en soit, ce sont de simples registres à numériser (2 ou 3 par communes depuis la révolution) et souvent consultés par les chercheurs. Les cadastres ont tous été numérisés et mis en ligne depuis longtemps : il ne restent que les index qui vont avec à faire.

Parmi les projets, on peut distinguer deux catégories : les projets qui peuvent donner lieu à une base de données, une indexation (exemple : une BDD électorale donnant tous les résultats et les noms contenus dans les procès verbaux d’élection numérisés, une autre des dossiers de décoration), et ceux dont la numérisation suffit (les registres de recrutement, les matrices cadastrales) soit parce que l’indexation serait inutile (on sait ce qu’on cherche, l’intérêt c’est que ce soit accessible) soit parce qu’elle serait trop fastidieuse (des milliers d’entrées dans un seul registre militaire…). Les premiers coûtent plus cher que les seconds, en temps pour Situgen, en prix pour le client-chercheur. Mais inversement, tout projet est numérisé avant d’être indexé, donc proposable dans une première version moins chère.